ART PARIS
2020

10.09 - 13.09.2020

For the 2020 edition of Art Paris, Loo & Lou Gallery is offering a glance of the French scene faithful to its
artistic program, with four artists: Pierre-Édouard, Cédric Le Corf, Hélène Damville and Paul de Pignol.
Though their practices are different, from paintings and drawings to sculptures and etchings, these
artists from different generations, with French origin or residing within the hexagon, create work
inspired by landscapes and have a certain fascination for the living.

CEDRIC LE CORF

Cedric Le Corf est né en1985 à Bühl (Allemagne). Diplomé en 2009 avec félicitations du jury et mention de l’École Européenne Supérieure d’Art de Bretagne de Lorient (France), il vit et travaille à Berlin et en Bretagne sur l’île de Groix. Actuellement, il est résident de l’Académie des Beaux Arts de l’Institut de France à la Fondation Dufraine à Chars dans le Val d’Oise.

Le paysage anatomique d’après les planches de Jacques Fabien Gautier d’Agoty s’est imposé au fil du temps comme le sujet de son travail.

Peu à peu l’homme dépecé se métamorphose en homme paysage. L’homme, l’arbre et la terre ont en commun de posséder tous trois une écorce et donc de pouvoir être écorchés. Un corps disséqué n’est-il pas aussi une vaste étendue paysagée aux multiples accidents, de plissements et de crevasses ? La moindre rugosité osseuse n’est pas sans rappeler les paysages rocheux de Patinir ; le réseau veineux, artériel ou nerveux irrigue telles des rivières et des fleuves les plaines et les estuaires ; les muscles, glaise de la Genèse, modèlent gorges et tertres.

Se servant de cette métaphore, il emploie des racines végétales comme élément paysagé pour y imbriquer os, vertèbres ou rotule en porcelaine. La racine dans son sens étymologique est en effet une partie d'un élément implanté dans un autre, ne dit-on pas la racine d’une dent, d’un cheveu, la racine dorsale. Il oppose ainsi l’élément brut du chaos à la maîtrise de la création, l’aspérité au poli, la décomposition à l’inaltérable, la pérennité de l’art à l’homme éphémère. 

Imprégné de l’héritage rhénan et armoricain, confronté au pathos de Grünewald, de Baldung Grien, des pendus « Des misères de la guerre » de Jacques Callot à « l’Ankou », des danses macabres de Kernascléden où l’animé et l’inanimé se côtoient, jusqu'à l’horreur des charniers de Sobibor, il essaie, en s’attachant au motif, de faire sourdre de sa substance la sculpture, la peinture ou la gravure que le sujet recèle.

HÉLÈNE DAMVILLE

Née dans une famille d’artistes en Normandie, Hélène Damville a toujours pratiqué le dessin d’après nature. Cette passion pour l’observation du vivant (animal et végétal) l’a conduite à fréquenter le Muséum d’Histoire de Paris où elle découvre Buffon et les naturalistes. Elle copie à l’envi les planches de ses maîtres, se familiarisant ainsi avec la complexité d’un squelette et de ses articulations ou bien des réseaux et ramifications du monde végétal, tous ces éléments secs qui sont à la fois l’architecture de la vie et la trace du vivant quand la vie est passée. Parallèlement à ses fréquentations assidues des salles du muséum, elle complète sa formation en suivant des cours d’anatomie artistiques et passe un Master de philosophie orientale à la Sorbonne.

C’est dans cet environnement d’analyses scientifiques, philosophiques et artistiques qu’elle bâtit son corpus gravé.

Le désir d’être au plus près de la matière vivante l’amène à choisir la gravure comme médium principal de ses recherches. La gravure mais plus précisément la taille directe sur métal et sur bois. C’est en effet par la ligne et un trait vigoureux qu’Hélène réussit à traduire l’essence de la vie dans ses œuvres. Elle se forme au burin sur cuivre auprès d’André Bongibault, à l’atelier L’estampe de Chaville puis se perfectionne en gravure ornementale sur métal à l’école Boulle. André Bongibault décelant ses qualités lui propose une résidence en Chine où elle découvre la gravure sur bois en taille d’épargne. Cette technique lui permet d’appréhender les grands formats et de laisser libre cours à la virtuosité de son tracé dans une relation intime et directe avec le bois. Elle incise au burin et à la gouge l’épiderme de la matrice avec une précision chirurgicale, qu’elle anime d’un trait libre et vigoureux, d’où émane l’énergie du vivant. Ce travail à la jonction de la gravure et de la sculpture correspond parfaitement à l’artiste qui s’absorbe corps et âme, dans ce long processus de transformation de la matière organique. Hélène Damville inverse la hiérarchie entre matrice et estampe. Ici, l’estampe est le témoin de la matrice, non plus sa finalité. D’ailleurs l’artiste confie ne plus être dans la notion de multiple et tend plutôt à faire des tirages uniques, voire des séries de deux ou trois exemplaires. En revanche, à côté de ses estampes, elle propose à notre regard ses magnifiques bois gravés rejoignant ainsi les artistes de la préhistoire dont la finalité de l’œuvre était l’objet gravé.

L’humain est rarement directement représenté. Néanmoins l’artiste nous suggère sa présence par des jeux de juxtaposition de matrices, rappelant les expériences de Rodin qui aimait superposer ses sculptures dans des dispositifs ludiques et surréalistes avant la lettre. Ainsi de deux têtes de lamantins inversées,  naît une troublante évocation de vanité, qui nous interroge à la fois sur note finalité, mais également sur nos origines.

De la gravure au tatouage

Ce travail du trait dans l’épiderme du bois trouve naturellement chez Hélène Damville son prolongement dans l’art ancien du tatouage. Depuis quelques mois elle est donc entrée en apprentissage dans le salon parisien du tatoueur Alession Pariggiano. Elle qui aime travailler la matière organique a trouvé la niche artistique qu’elle cherche depuis des années : « la peau est un magnifique support dont le volume permet au dessin de devenir sculpture vivante »

PIERRE-ÉDOUARD

Pierre-Edouard naît en 1959.

Sa première série de dessins voit le jour au début des années 80 et sera montrée par Claude Bernard à Paris . C’est la série des « hommes à terre ». Une vision qui appréhende tout forme sous l’angle d’un modelé ininterrompu, utilisation de l’ombre quasi musicale. Puis viendront les tableaux montrés par Claude Bernard en 1989, développement du thème des « hommes à terre » et « des personnages à l’échelle ». On assiste ici à une sorte de déconstruction de la figure – l’image est désormais lacunaire. Au début des années 90, il aborde dans une série de sculptures le thème des femmes en apesanteur qui seront montrées en 1994. Ce thème du corps dans l’horizontalité et l’apesanteur va littéralement dévorer son travail.

En 2004, lauréat du 1er Prix de la Fondation Prince Pierre de Monaco, une exposition suivra l’année suivante à la Principauté. Il est élu en 2010 membre de l’Académie des Beaux-Arts de l’ Institut de France.

Il collabore avec la Galerie « Ditesheim & Mafféï fine Arts » (Suisse) (www.galerieditesheim.ch/galerie/) qui fera une exposition en 2011 et le montre régulièrement dans les foires et salons.

Il renoue en 2009 avec la peinture. Les œuvres sont parallèles aux sculptures, mais les formats s’agrandissent. Pierre-Edouard s’aventure dans un nouvel espace. Malgré l’essence non-figurative de ces œuvres, il ne cesse de creuser ce thème d’un corps en suspens. Corps humain qui s’apparente à un gigantesque cachalot.
L’ensemble du travail de Pierre-Edouard est une articulation des plans de l’espace en une modulation sans début ni fin . C’est une œuvre en suspens qui interroge la monumentalité de la forme.

Il publie en 2013 le livre « Baleines et Déesses » aux Editions « William Blake and Co » . Monographie de son œuvre gravé dont il écrit le texte.

Ses œuvres se trouvent dans des collections privées en France, Suisse, Belgique et Etats-Unis.

The Louis-Dreyfus Family Collection (www.ld-collection.org/ ) possède un grand nombre de dessins, peintures et sculptures.

PAUL DE PIGNOL

Paul de Pignol was born in Toulouse in 1965. He currently lives and works in Paris, France.

In 1984, he entered the National School of Fine Arts in Paris, where he worked in the studio of the painter, Pierre Carron. He created his first sculpture, inspired by the Venus of Lucas Cranach, entitled “Fille au Ballon” in 1989. Little by little, sculpture became integrated into his practice.

In in addition to the studio in Montigny-sur-Loing he used for his sculptures, Paul de Pignol decided to dedicate a specific workshop to drawing in Paris in 2010; he established a link between these disciplines a short time afterwards. Paul de Pignol’s drawings and sculputres are a plunge into an intimate essence of being. He focuses his work on feminine figures, linking them with universal themes of birth, life, and death.

Throughout his study of the female figure, he began questioning its function, weight, and composition, as well as its deconstruction and presence both inside and outside.

Paul de Pignol’s paintings are an extension of his work and research as a sculptor; his gestures are similar, wherein he erases matter in order to add light, stroke by stroke, giving his unveiled bodies a spectral presence.

Since 2017, after years of wandering, Paul de Pignol found pictoral language relative to his research.

One of his most recent exhibitions, “Né du limon,” is the result of this quest. With a fascination for landscapes, Paul de Pignol is inspired by the Fontainebleau forest that surrounds his studio. The idea that any life can birth from decay fascinate him, and he creates organic and living landscapes, where you can feel the turf and soil. We are close to the Golem.