NATIVITÉ

Aurélia Jaubert

L'Atelier
9.11—22.12.2021

« La tapisserie Nativité est fabriquée à partir de centaines de bouts de canevas et de tapisseries récoltés ça et là. Assemblées entre elles à la façon d’un collage, cousus en une sorte de patchwork, ces pièces forment une grande fresque. Une fresque que l’on peut qualifier de « pop » puisqu’elle est constituée de centaines de références à l’imagerie populaire et à l’histoire de l’art. Animaux et personnages y évoluent dans des paysages variés où les plans se succèdent en différentes profondeurs de champ. Millet et Chardin y côtoient Blanche-Neige, Renoir et Gauguin y rencontrent les Aristochats, et la Vierge présente un drôle d’enfant à un pompier dans une forme de confusion des représentations, de grand bouillonnement très orchestré. Cette œuvre que l’on pourrait également qualifier de collective puisque des centaines de petites mains y ont contribué, rend hommage, d’une certaine façon, à toutes ces femmes inconnues et à leurs « ouvrages de dames ». Ils forment ici une œuvre globale. » — Aurélia Jaubert

Il s'agit de la première collaboration d'Aurélia Jaubert e avec la galerie Loo & Lou. Nativité a reçu en 2020 la mention spéciale du jury de la Biennale Contextile à Guimares au Portugal.

« Depuis ses premiers tableaux composés de mortiers colorés intégrant des collages de ses propres photographies jusqu’à ses récentes tapisseries, Aurélia Jaubert a été fascinée par la métamorphose des images, leur passage d’un support à un autre, les illusions qu’elles engendrent. Elle a progressivement quitté la surface traditionnelle du tableau pour des compositions hétérogènes, sortes de mélange utopique pour réfléchir les crises historiques de la représentation. Elle privilégie le mélange, le détournement : peinture, textile, photographie, image numérique, collage, couture, sculpture, son et musique, lumières trouvent chez Aurélia Jaubert une légitimité originale d’être empruntés et montés... Anoblir les restes, s’intéresser aux moindres manifestations de la nature (reflets, bulles, ombres, traces…) et les réinsérer dans un cycle de métamorphoses qui efface la valeur d’usage et réinstaure une inattendue valeur esthétique, autant de gestes d’une collectionneuse que ceux d’une artiste qui reste toujours fidèle à l’image. Rêver sur le destin fantastique des petits accidents ou objets de la vie quotidienne, bavures, taches, coulures, débris colorés, bandes magnétiques déclassées, vieilles bouées de piscine, échantillons de tissus... Autant de ruines modernes à partir desquelles Aurélia Jaubert, herboriste du bitume, tente de réinventer des images élégantes, étonnantes, saugrenues, inédites. »

— Dominique Païn, critique et commissaire d’expositions indépendant
Directeur du Centre Pompidou (2000-2005)
Directeur de la Cinémathèque française (1990-2000)

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